Faire vivre la laïcité : une exigence, un engagement

Le 9 décembre, à l’occasion du 120e anniversaire de la loi portant séparation des Églises et de l’État, l’École nationale de protection judiciaire de la jeunesse (ENPJJ) et la direction interrégionale de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) Grand Nord ont réuni leurs professionnels au site central de l’ENPJJ, à Roubaix, pour une journée de travail intitulée « 120 ans de la loi 1905 : Héritages et enjeux contemporains de la laïcité ».

Faire vivre la laïcité : une exigence, un engagement

Une journée d’étude pour célébrer les 120 ans de la loi de 1905

Le 9 décembre, à l’occasion du 120e anniversaire de la loi portant séparation des Églises et de l’État, l’École nationale de protection judiciaire de la jeunesse (ENPJJ) et la direction interrégionale de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) Grand Nord ont réuni leurs professionnels au site central de l’ENPJJ, à Roubaix, pour une journée de travail intitulée « 120 ans de la loi 1905 : Héritages et enjeux contemporains de la laïcité ».

Le 9 décembre, à l’occasion du 120e anniversaire de la loi portant séparation des Églises et de l’État, l’École nationale de protection judiciaire de la jeunesse (ENPJJ) et la direction interrégionale de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) Grand Nord ont réuni leurs professionnels au site central de l’ENPJJ, à Roubaix, pour une journée de travail intitulée « 120 ans de la loi 1905 : Héritages et enjeux contemporains de la laïcité ».

Cette initiative de la référente laïcité et citoyenneté de l’ENPJJ a rencontré la démarche engagée par la DIR PJJ Grand Nord pour ancrer durablement les valeurs de la République au cœur des pratiques professionnelles. En réunissant formateurs, éducateurs, cadres et partenaires, les directions affirment une ambition claire : renforcer la culture commune autour de la laïcité et accompagner les équipes dans l’exercice de leur mission de service public.

En ouverture, Cécile Lalumière, directrice du service de la formation à l’ENPJJ, a rappelé la portée fondatrice de la loi de 1905 pour notre cadre républicain : « Il y a exactement un siècle et deux décennies, notre pays adoptait une loi fondatrice sur la séparation de l’Église et de l’État, reconnaissait la liberté de conscience et garantissait l’exercice des cultes. » Elle a souligné combien « cette loi n’est pas un simple vestige historique mais encore et toujours le socle de notre vivre-ensemble républicain auquel nous sommes profondément attachés ».

La laïcité, un repère éducatif et professionnel

Au sein de la PJJ, la laïcité n’est pas une notion abstraite. Elle implique la neutralité du service public, traverse les pratiques éducatives, encadre les postures professionnelles et garantit la liberté de conscience des mineurs confiés.

« Au-delà du cadre juridique posé, la laïcité est un repère essentiel pour notre République. On peut vivre librement dans le respect des convictions de tous. À la PJJ, la laïcité traverse nos pratiques. C’est un socle qui fonde la relation éducative sur le respect de chacun, elle contribue à l’émancipation de nos jeunes. C’est un véritable terrain de jeu et d’apprentissage : questionner, se remettre en question, débattre, se construire en tant que citoyen », a souligné Justine Lannoye, directrice du service territorial éducatif et d’insertion (STEI) d’Arras.

Pensée comme un temps de formation et de réflexion collective, la journée avait pour objectif de permettre aux professionnels de l’École et de la DIR GN de confronter leurs pratiques, d’exprimer leurs questionnements et de repartir avec des repères concrets, directement mobilisables dans leurs missions respectives.

Pensée comme un temps de formation et de réflexion collective, la journée avait pour objectif de permettre aux professionnels de l’École et de la DIR GN de confronter leurs pratiques, d’exprimer leurs questionnements et de repartir avec des repères concrets, directement mobilisables dans leurs missions respectives.

S’appuyer sur l’histoire pour mieux comprendre

Lors d’une première conférence, Sébastien Ledoux, historien de la mémoire, maître de conférences à l'Université de Picardie Jules Verne à Amiens, a dressé un panorama historique de la laïcité, des premiers jalons de tolérance religieuse jusqu’à la loi de 1905 et ses prolongements contemporains. « La loi de 1905, c’est la liberté de croire ou de ne pas croire. C’est un acquis républicain considérable sur la liberté individuelle », a-t-il insisté.

© Sophie Raynal / pretemoitesyeux.fr

En revenant sur l’édit de Nantes, la Révolution française, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ou encore les lois Ferry, il a montré comment la laïcité s’est construite comme un principe d’émancipation fondé sur la liberté de conscience, l’égalité des croyants et la neutralité de l’État. Il a rappelé que « la loi de 1905, c’est la liberté de croire ou de ne pas croire, c’est un acquis républicain considérable sur la liberté individuelle », faisant écho aux débats et polémiques qui surviennent parfois encore autour de ce principe de Liberté, preuve de l’intemporalité de cette loi.

Lors d’une première conférence, Sébastien Ledoux, historien de la mémoire, maître de conférences à l'Université de Picardie Jules Verne à Amiens, a dressé un panorama historique de la laïcité, des premiers jalons de tolérance religieuse jusqu’à la loi de 1905 et ses prolongements contemporains.

La place de la religion dans l’histoire de la justice des mineurs

L’intervention de Mathias Gardet, historien, responsable du centre d’exposition historique et du portail de ressources numériques « Enfants en Justice XIXe-XXe siècles », a permis d’interroger la place de la religion dans l’histoire de la prise en charge des « enfants irréguliers de la République ». En retraçant le rôle des congrégations religieuses, puis la lente laïcisation des institutions, il a montré que la laïcité ne s’est pas imposée partout avec la même intensité ni au même rythme et à quel point les pratiques religieuses ont longtemps imprégné les prises en charge des mineurs.

© Sophie Raynal / pretemoitesyeux.fr

Il a rappelé les exigences contemporaines qui s’imposent aux agents publics : « La religion, par les principes moraux qu’elle inculque, peut être un moyen de rééducation, mais notre responsabilité d’agents publics est de garantir une stricte neutralité : parler des religions avec les jeunes, sans jamais leur transmettre nos propres convictions ».

La laïcité au cœur des pratiques

L’après-midi, plusieurs ateliers ont permis aux participants de relier les enjeux théoriques aux réalités du terrain. Sport et mixité, formation, culture, neutralité en hébergement judiciaire… les discussions ont montré combien la laïcité, loin d’être un carcan, reste un principe vivant et une ressource éducative.

© Sophie Raynal / pretemoitesyeux.fr

Ces espaces de travail ont fait émerger des besoins et des ressources : partager les bonnes pratiques, renforcer la formation, outiller les équipes pour aborder les sujets sensibles, créer des outils partagés et replacer la laïcité au cœur des projets de service.

Les ateliers ont également mis en lumière des freins (sentiment d’insécurité face au sujet, manque de temps d’appropriation) mais aussi de nombreux leviers, tels que le travail collectif, l’appui sur des supports culturels ou sportifs et l’implication des jeunes eux-mêmes dans les réflexions citoyennes.

L’après-midi, plusieurs ateliers ont permis aux participants de relier les enjeux théoriques aux réalités du terrain. Sport et mixité, formation, culture, neutralité en hébergement judiciaire… les discussions ont montré combien la laïcité, loin d’être un carcan, reste un principe vivant et une ressource éducative.

Plus qu’un principe, un projet collectif

En clôture, les participants ont rappelé que la laïcité ne se décrète pas : elle se transmet et se vit au quotidien, dans la diversité des pratiques professionnelles. La PJJ, par ses missions éducatives et son rapport singulier à la jeunesse, porte une responsabilité particulière : incarner ce principe républicain dans un cadre protecteur et émancipateur.

Cette journée du 9 décembre illustre l’engagement conjoint de l’ENPJJ et de la DIR PJJ Grand Nord, et plus particulièrement de leurs référents laïcité et citoyenneté, à faire de la laïcité un levier concret pour renforcer le socle républicain et accompagner les mineurs vers une citoyenneté libre et responsable.

 

Rédaction/photos : DIR PJJ Grand Nord

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