Histoire de l’Ecole nationale de protection judiciaire de la jeunesse

L’Ecole nationale de protection judiciaire de la jeunesse (ENPJJ) trouve son origine dans le Centre de formation et d’études de Vaucresson, créé en 1952. Elle n’a depuis cessé d’évoluer afin de répondre aux exigences de la formation, aux attentes de l’institution et aux demandes des praticiens.

Histoire de l’Ecole nationale de protection judiciaire de la jeunesse

L’École nationale de protection judiciaire de la jeunesse (ENPJJ) trouve son origine dans le Centre de formation et d’études de Vaucresson, créé en 1952. Elle n’a depuis cessé d’évoluer afin de répondre aux exigences de la formation, aux attentes de l’institution et aux demandes des praticiens.

1949 – 1968 : Le temps des fondements

La naissance d’une profession

Le Centre de formation et d’études de l’Education surveillée est créé en 1952, à l’instigation d’Henri Michard et de la Direction de l’Education surveillée.  Son ambition est de former les éducateurs et de « déterminer les méthodes à mettre en œuvre pour promouvoir une authentique politique éducative ». En 1958, le Centre devient un centre de formation et de recherche. Il connaîtra au fil des années, au gré notamment des effectifs de stagiaires, plusieurs délocalisations (à Savigny-sur-Orge, Brignoles ou Toulouse).

Une approche théorique

Entrée principale du centre de formation et d’études de l’Education surveilléeLa formation théorique occupe la première des deux années de formation, l’apprentissage se faisant la seconde année. Mais la formation ne se limite pas à la formation initiale. Elle doit être complétée par la formation permanente, le Centre de VAUCRESSON étant un lieu de formation continue, un centre de recherche et un centre de documentation. La pédagogie y occupe une place centrale. Les effectifs des stagiaires ne cessent de croître. Le 9 avril 1963, un arrêté crée l’école d’état d’éducateurs de l’Education surveillée. Située à Savigny-sur-Orge, elle doit former entre 120 et 150 éducateurs par an. Un problème persiste : l’école adopte un fonctionnement hiérarchisé ; les stagiaires doivent absorber un « enseignement encyclopédique » dont ils ne comprennent pas le sens.

1968 – 1992 : une réorientation vers la pratique

La formation connaît une évolution à la fin des années 60. Un arrêté du 21 décembre 1971 remplace l’école d’état d’éducateurs par l’école nationale de formation des personnels de l’éducation surveillée (ENFPES). La pratique l’emporte sur la théorie. Les enseignements théoriques disparaissent au profit de thèmes. L’expérimentation est privilégiée. La régionalisation de la formation se développe entre 1975 à 1981 avec la création des centres régionaux de formation. En 1990, la direction de l’éducation surveillée devient la direction de la protection judiciaire de la jeunesse.

1992 – 2008 : repenser la formation initiale

Entrée du Centre national de formation et d’études de VaucressonEn 1992, le dispositif de formation est regroupé sous l’appellation centre national de formation et d’études de la protection judiciaire de la jeunesse (CNFE-PJJ) à Vaucresson. Sous l’impulsion de Dominique Charvet, directeur de la PJJ, le statut de directeur de service est créé et le statut des éducateurs réformé. Un cadre national de formation est restauré. L’objectif est de structurer et de donner du sens à des dispositifs de formation existants. L’alternance est théorisée. La finalité et les modalités de production de la formation (mémoire, dossier individuel) sont définies.

Aujourd’hui : l’École nationale de protection judiciaire de la jeunesse

En 1994, le conseil interministériel d’aménagement du territoire décide la délocalisation du CNFE-PJJ, qui devient l’Ecole nationale de protection judiciaire de la jeunesse. Pour un euro symbolique, le ministère de la Justice prend possession d’une friche industrielle à Roubaix, sur le site des anciennes filatures Delattre. La première pierre est posée le 23 juin 2006 par Pascal Clément, Garde des Sceaux et René Vandierendonck, maire de Roubaix. Le cabinet de l’architecte Nathalie T’Kint est choisi pour la réalisation des travaux. Elle réinvente le lieu en imaginant un ensemble complexe, mélangeant architecture industrielle du XIXème siècle et création contemporaine. L’ENPJJ est livrée au ministère de la Justice en mai 2008. Les premières promotions de stagiaires investissent les locaux en septembre. L’Ecole est officiellement inaugurée en octobre 2008 par Rachida Dati, Garde des Sceaux.

L’organisme de formation  a changé plusieurs fois de nom et de lieu, mais a gardé avec elle une histoire prestigieuse et fondatrice. Depuis son implantation à Roubaix en 2008, l’ENPJJ en écrit une nouvelle page, au service des orientations de la DPJJ.